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Philippe Torreton nous livre le portrait tout en nostalgie, empli de tendresse de celle qui a bercé son enfance et qu'il appelle simplement Mémé, formulation désuète mais qui prend son sens au fil des pages et nous révèle toute l'affection qu'il lui porte.

Son récit est l'occasion de nous immiscer dans la vie simple de cette "mémé" issue d'un milieu social modeste aux multiples valeurs qui ont par la suite forgées l'acteur. C'est une autre époque qui est décrite où la famille, le travail et le courage représentaient véritablement quelque chose et n'étaient pas de simples mots. On avait la vie dure mais on ne se plaignait pas. La société de consommation commençait à se développer, mais finalement n'atteignait pas cette mémé qui vivait de peu de choses et de l'essentiel de la vie.

C'est dans un style poétique et léger, ponctué de traits d'humour, qu'il nous livre ici le portrait de celle qui a marqué sa vie de petit garçon et qui lui a laissé plein d'images dans la tête. Un texte attendrissant, dans lequel chacun reconnaîtra un peu de sa grand-mère dans ce portrait, un bel hommage rendu par l'acteur à un personnage central de sa vie.

Ed: L'iconoclaste, 144 pages
Date de publication : 16 janvier 2014

Olivia I. - Médiathèque Bonlieu

 

Extraits:

p 12 : « Ma mission consistait à l'écouter dormir. Je veillais tel un chien de berger sur un troupeau de ronflements broutant son sommeil afin qu'ils n'aillent pas s'égarer dans le suspect, dans le silence terrible qui précède les catastrophes. Je devais analyser sa respiration, en déduire la qualité de sa nuit, ma hantise était le suspendu. Parfois entre deux trémolos, un apnée inquiétante arrêtait ma vie. Il ne fallait pas qu'elle meure mémé, pas tout de suite. Ronfle ! Je t'en supplie ! »

p 23 : « On y trouvait toute la saga des Oiseaux se cachent pour mourir en gros livres France Loisirs, ces bouquins vendus en promo comme des surgelés, avec de belles photos de l'auteur, en général des femmes américaines tendues comme des clôtures neuves. Mémé aimait bien les histoires d'amour. Deux êtres qui s'aiment au-delà des épreuves la faisaient sûrement rêver, elle aimait la science-fiction. »

p 32 : « Lors d'une fête de famille mon petit frère s'était cassé le bras, il hurlait, mémé s'est levée et tout en lui disant d'arrêter de se taire « l'oué », elle lui a tiré le bras brisé d'un coup sec pour rassembler les morceaux. Une fois à l'hôpital, l'interne nous dira que personnellement il n'aurait pas fait comme ça mais que son geste avait permis d’éviter une opération.  Mémé Samu ... »

p 36 : « Je sais bien qu'à l'époque où les mémés étaient petites  il n'y avait pas ces nasses à consommateurs d'aujourd'hui, tous ces collets, ces pièges à glu, ces tapettes à clients, posés en bout d'immenses parkings, il n'y avait pas la télévision comme appeau  ou canard d'appel, cette machine à temps de cerveau disponible. »

 

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