ma mere la honte aHubert Ben Kemoun pour son nouveau roman jeunesse s’inspire d’incidents qui se sont produits au cours des dernières décennies en Allemagne et en Italie. A Venise en 1978, à Dortmund en 2011, à Bari en 2014 et enfin Bolzano en 2015.

Ou comment une femme de ménage d’un petit musée de province se retrouve au centre des rumeurs et du harcèlement de ses concitoyens.
Mais quelle faute a-t-elle pu commettre ?

Catastrophe, honte, cauchemar ! Elle a mis à la poubelle la dernière création du grand artiste de renommée internationale Théo Burniz !
Ce tas d’immondices répandu dans l’une des salles du Musée, d’une valeur de 400 000 €, elle l’a nettoyé !

Mélanie nous raconte cette aventure incroyable qu’elle traverse avec sa mère suite à un excès de zèle de celle-ci dans son travail.
Au delà de la faute professionnelle, se pose ici la question de la perception de l’art par chacun d’entre nous : où commence et où finit l’art ?
Mais surtout, l’auteur s’attache à montrer l’acharnement médiatique que subissent une mère et sa fille, alimenté par les réseaux sociaux.

Alors que nous voyons fleurir de plus en plus de récits d’adolescents victimes de cette nouvelle expression de violence morale poussant certains aux dernières extrémités, l’auteur lance l’alerte aux jeunes lecteurs.
Derrière la colère de Mélanie, perce la sienne !

Crédible ? Pas crédible ? Peu importe, chacun de nous peut se retrouver un jour victime de ces nouvelles sources de stigmatisation.

Merci Monsieur Ben Kemoun ! Votre dernier roman nous ouvre les yeux sur cette dérive de notre société à laquelle nous participons bien inconsciemment parfois.

 

Marie-Pierre B. - Médiathèque Bonlieu

 

 

Extraits :

« Tout finit par se calmer, je ne m'arrêtais pas de me répéter... J'ignorais à quel point je me trompais. »

« Pire qu'une odeur de pourriture, la honte est une cochonnerie gluante et vivante, tenace et irritante, qui s'immisce partout. »