le livre que je ne voulais pas ecrire erwan larher aIl ne faut jamais dire jamais ! L'écrivain Erwan Larher s'était juré de ne pas se laisser prendre à l'autofiction.

Et pourtant, après avoir vécu l'horreur au Bataclan, le besoin de parler est devenu plus fort que les convictions. Mais l'auteur se refuse au simple témoignage et nous propose ici un "objet littéraire" bien particulier.

 

Les deux atouts de ce récit viennent de la sincérité désarmante et de l'éloquence de l'auteur. Celui-ci parvient à prendre de la distance sur son personnage de victime du terrorisme et évite, avec force pirouettes, l’apitoiement sur lui-même.
Avec beaucoup d'humour il se présente au lecteur sans fard, dans la posture d'un anti-héros qui nous ressemble tous. Ne s’épargnant rien des vicissitudes rencontrées pendant et après le drame, Erwan Larher réussit son tour de force. Dépasser le simple fait personnel et donner à son texte une dimension universelle, en apportant un regard d’écrivain et d'humaniste sur notre monde contemporain.

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L'ouvrage se présente comme un récit à plusieurs voix. L'auteur a demandé aux personnes de son entourage de rédiger un texte sur leur propre expérience de ce vendredi noir. Les heures d'attentes, les appels sans réponse, les conversations sur les réseaux sociaux sont évoqués, ainsi que l'angoisse de savoir un proche dans cette situation. Certains des protagonistes sont connus de notre public puisque Alice Zeniter et Manuel Candré - les invités de la carte blanche d'Erwan Larher à la médiathèque Bonlieu - sont de la partie.
Le tout donne un livre détonnant et salvateur à dévorer comme un polar.

 

Séverine C. - Médiathèque Bonlieu

 

Extrait :

"Pendant des semaines, des mois, tu t'es trouvé face à elle dans une situation de désemparement aigu, soucieux de la consoler, la réconforter, la soutenir, de lui donner de l'amour en sachant que c'était inutile, que tu resterais à jamais à la surface de son chagrin, comme ces crèmes pour la sécheresse cutanée qui, nous explique-t-on en petits caractères, n'hydratent que les couches supérieures de l'épiderme." (p. 81)

 

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