Marguerite naime pas ses fesses Erwan Larher a

Marguerite est ce que l'on appelle une bonne poire. Cette jeune femme fade et effacée est exploitée comme petite main par une grande maison d'édition. Engluée dans une relation sentimentale sans avenir, un brin rétrograde, elle se contente de son terne quotidien tout en rêvant d'une vie meilleure.

Cette héroïne "sans histoire" va pourtant se retrouver plongée dans ce qui semble être une sordide affaire d'État.

 

Marguerite est de cette génération qui se désintéresse de la politique, que l'on a écœuré et découragé au fil des années. Son existence bascule lorsqu'elle croise par hasard la route de Delaroche, ex-président de la république. Il la sollicite pour l'aider à rédiger le prochain tome de ses mémoires. Une connivence s’installe entre la jeune femme évanescente et le politicien repenti, dont la mémoire, justement, s’effiloche dangereusement. Ils se retrouvent chaque jour pour des entretiens informels au cours desquels l'ancien chef d'État se dévoile plus qu'il ne devrait.

 

Marguerite, elle, fantasme une vie de famille parfaite. Mais entre son pervers narcissique d'homme et sa mythomane de mère elle semble bien mal entourée. Pendant ce temps Jacek, un flic à la Bruce Willis enquête en secret sur des morts successives qu'il devine guidées par un esprit de justice et de vengeance plus que par d'obscures raisons d'état.

 

Dans cet excellent thriller à la française Erwan Larher investit les sphères du pouvoir : corruption, manipulations, détournement, il dresse un sombre mais juste portrait des décideurs d'hier et d'aujourd'hui. L'analyse politique se double d'une réflexion pertinente sur les réseaux sociaux et l'impact qu'ils ont sur la sexualité contemporaine, devenue objet de consommation au même titre que le reste.

 

Un roman addictif, rythmé, acide, dans lequel l'auteur laisse libre cours à son humour ravageur, à son style percutant, à son goût et sa maitrise des mots. Erwan Larher excelle à passer le réel au filtre romanesque, à la manière d'un Boris Vian ou d'un George Orwell. Promenant son miroir déformant, mais diablement réfléchissant, sur le chemin du monde, il nous livre à chaque roman un fragment nouveau de sa comédie humaine. Avec ce récit arachnéen et rocambolesque en trompe-l’œil Erwan Lahrer tisse encore un peu plus sa toile critique et romanesque.

 

 Séverine C. - Médiathèque Bonlieu

 

 

Retrouvez dès à présent ce livre au catalogue :

OPAC Détail de notice