De l horrible danger de la lecture Voltaire a

Dans ce petit recueil de fables philosophiques et de dialogues parodiques, Voltaire s'attaque à l'intolérance sous toutes ses formes.

Le philosophe des Lumières pourfend ici avec humour la bêtise, la superstition, le fanatisme, le sexisme, le spécisme et la barbarie humaine.

L'ouvrage commence par un entretien entre un "sauvage" et un bachelier, le bon sens du premier venant contrer la science du second. Celui-ci démontre, avec une désarmante simplicité, qu'en matière de civilisation c'est l'intérêt public qui fait loi.

Le second texte est consacré à l'éducation des filles, l'auteur accusant les couvents de dispenser un apprentissage inutile à la vie en société.

"Le dialogue du chapon et de la poularde" doit être considéré comme un véritable manifeste en faveur du végétarisme, plein d'humour noir. Les deux volatiles font une critique virulente, mais juste, de la barbarie de notre espèce.

Dans l'avant dernier texte, qui prête son titre au recueil, Voltaire imagine un sultan qui considère la lecture comme un péril pour son peuple. "De l'horrible danger de la lecture" met ainsi en scène la soumission de l’État à l’Église et les périls qui en découlent, lorsque croyances et superstitions viennent bâillonner la liberté.

Enfin notre philosophe des lumières retranscrit une conversation imaginaire entre plusieurs générations de théologiens, Lucien, Érasme et Rabelais, chacun faisant état de l'emprise de la religion sur le pouvoir et sur leurs congénères. Voltaire, qui ne cesse de combattre l'obscurantisme, recourt ici à la force du rire pour sa démonstration philosophique. Ces petites fables à charges, qui nous engagent à la tolérance et au respect d'autrui, prennent même parfois des airs de prophétie.

 

Séverine C. - Médiathèque Bonlieu

 

Extrait :

« Il se pourrait, dans la suite des temps, que de misérables philosophes, sous le prétexte spécieux, mais punissable, d'éclairer les hommes et de les rendre meilleurs, viendraient nous enseigner des vertus dangereuses dont le peuple ne doit jamais avoir de connaissance. Et, de peur que la tentation diabolique ne leur prenne de s'instruire, nous défendons aux pères et aux mères d'enseigner à lire à leurs enfants. Et, pour prévenir toute contravention à notre ordonnance, nous leur défendons expressément de penser, sous les mêmes peines. »

 

Retrouvez ce livre au catalogue :

OPAC Détail de notice