chroniques de la vigne fred bernard a

Le dessinateur Fred Bernard est issu d'une famille de vignerons en Bourgogne. Chez lui le vin est au cœur du quotidien, il est l'expression d'un art de vivre, comme le revendique à grand bruit son grand-père, un producteur intraitable.

Cet album est la réalisation d'une idée fixe qui obsède l'auteur depuis longtemps : écrire un livre à deux mains sur le vin et fixer, sur papier, l'incroyable savoir de l’aïeul, patiemment accumulé.

Pendant des années, avec la fermeté qui le caractérise, le grand-père refuse net, prétextant "qu'on ne parle pas du vin, on le vit". Mais cet amateur avisé, cet amoureux des vignes, va finalement accepter de devenir le personnage central de ce livre.

Un exercice d'amour et d'admiration, un hommage filial à un homme imbriqué dans sa terre, qui met en scène ce personnage haut en couleur et en verbe. Le côté naïf des traits et du graphisme et les couleurs pastels imprègnent de tendresse ce témoignage en image. Un texte sur l'héritage culturel et local de l'auteur : au fil de ces conversations, Fred Bernard dessine le portrait de cet homme aux 40 000 bouteilles et délivre son message particulier. Les séquences mémorielles sont ainsi entrecoupées d'extraits du texte d'Edmondo de Amincis, "Les effets psychologiques du vin", qui viennent théoriser la pratique intuitive de cet aïeul fou de vin.

Au gré des souvenirs partagés, des histoires liées à ces terres et ces hommes que la vigne unit depuis des lustres, Fred Bernard esquisse un panorama de ce territoire mis en péril par les dérives liées aux nouvelles techniques et le non respect des cycles naturels. Un merveilleux carnet de voyage dans la matière et la mémoire de notre patrimoine national.

 

Séverine C. - Médiathèque Bonlieu
 
 
Extraits :
 
« La vigne en gâche jamais la vue, au contraire !
Partout les rangs mettent en valeur les reliefs, dessinent des courbes, animent les replats. Elles habillent les panoramas, c'est de la haute couture ! Cela me fait aussi penser à des lignes d'écriture, des paragraphes, des pavés de texte. Le reste autour, la forêt, les friches, les architectures, les illustrent.
Et le tout raconte l'histoire du pays. »
 
« Là-bas, à 10 ans, on donnait 1/4 de litre de vin rouge pour quatre garçons à table. C'était considéré comme un aliment au même titre que le pain dans les années 30.  »
 
Pour aller plus loin :
 
 
 
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