Couv vanessa barbara aOriginaire du Brésil, Vanessa Barbara livre ici un premier roman frais et décalé, enrichi d'une galerie de personnages des plus fantasques.

Á travers l'histoire d'Otto et Ada, l'auteur nous dépeint la vie tranquille d'un vieux couple passionné de choux-fleurs à la milanaise, de parties de ping-pong et de documentaires animaliers.

Si Ada n'a pas de problèmes pour se lier avec ses voisins (d'autant plus que les cloisons des maisons sont fines et n'aident pas à l'isolement !), Otto est beaucoup plus réfractaire au concept de voisinage.

 

Oui mais voilà, le récit débute par la mort d'Ada, laissant Otto seul et désœuvré...
Seul ? Pas si sûr, car ses voisins déjantés lui tournent autour.

On y croise Anibal, le facteur, dont les courriers n'arrivent jamais au bon destinataire, M. Taniguchi, ancien soldat qui se croit encore en guerre, Mariana, anthropologue amatrice passionnée par les aventures d'Anouk l'esquimau ...  Mais la palme du meilleur second rôle revient à Nico, le préparateur en pharmacie, obsédé par les notices de médicaments. Il connaît par cœur les contre-indications des médicaments de son officine. Les tests de vérification grandeur nature ne lui font pas peur !

En toile de fond, Vanessa Barbara aborde les thèmes de l'absence et de la solitude suite à la perte d'une personne aimée. Elle met également en valeur la solidité du lien qui unit les personnages pendant toutes ces années. On prend plaisir à les accompagner et à se perdre dans le fil de leurs pensées. Otto soigne ses insomnies et ses angoisses à coup de tisanes de laitue. Comme lui, le lecteur se demande si il n'est pas en train de rêver. S'il ne devient pas fou, également...

Au final, Les nuits de laitue apparaît comme une lecture de curiosité. Ce roman, sans doute imparfait, se révèle être une belle surprise.

Olivia I. - Médiathèque Bonlieu

 

Extraits: 

"Une fois, des années auparavant, Nico était allé jusqu'à prendre un médicament aux effets secondaires prometteurs juste pour voir ce que ça lui ferait. Manque de chance il avait attrapé un léger rhume et mal au crâne, symptôme qui, du reste, ne pouvaient être directement imputés au médicament. 

Au cours de cette expérience ratée, Nico n'avait pas pu déterminer non plus avec certitude si l'effet désiré avait été atteint, vu que c'était un traitement contre la phlébite et que, pour être honnête, il ne voyait pas trop à quoi ça ressemblait. Il n'avait jamais rencontré personne souffrant de phlébite." p 27-28

 

"En plus d'un professionnel talentueux et d'un chimiste respecté, Andrew était un nageur en eaux libres réputé : il avait traversé le détroit de Gibraltar en dix-huit heures et quarante quatre minutes, un record dans sa catégorie. Tandis que les autres compétiteurs mettaient entre trois et quatre heures, il lui fallait cinq fois plus de temps -ce qui, en soit, était un exploit. Il bataillait auprès du Comité olympique international pour que soit ajoutée au relais 4 x 100 m quatre nages une cinquième modalité, la nage "petit chien", dont il avait fait sa spécialité et avec laquelle, selon lui, il était possible de dépenser encore plus d'énergie que dans la course à pied avec agitation aléatoire des deux bras." p 167-168

 

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