joli mois de mai turckheim bibliofil aUn huis-clos construit comme une partie de Cluedo,  à mi-chemin entre Sartre et Agatha Christie. Le roman commence en effet comme un classique du genre dit "policier", puisque le riche propriétaire d'un domaine de chasse est retrouvé mort, une balle dans la tête...

Sur son testament sont couchées plusieurs personnes qu'à priori rien ne relie entre elles. Les heureux héritiers sont accueillis par Aimé, 28 ans, l'homme à tout faire du domaine, et Martial, un employé défiguré par un mystérieux accident et à l'esprit dérangé depuis. Parmi les héritiers un inspecteur à la retraite, un ancien militaire, un tenancier de bordel, un couple aux dents longues...

Mais le vernis des apparences s'effrite un peu plus à chaque paragraphe, et se dévoile peu à peu une vérité que tous on préféré taire, pendant que le notaire se fait attendre. Le portrait d'une femme se dessine en creux à mesure que cette attente se prolonge, s'éternise...

Dans ce roman, qu'Émilie du Turckheim à construit comme un film d'horreur, chaque détail, chaque mot devient indice. Le suspens lié à l'intrigue vous agrippe comme le récit que fait le narrateur, d'une maladresse étudiée, qui n'est pas sans rappeler les œuvres de Steinbeck ou Hitchcock, une belle réussite !

 

Séverine C. - Médiathèque Bonlieu

 

Extraits :

 

"Patronyme, ça veut dire nom. C'est un mot compliqué qui remplace un mot normal que tout le monde connaît. Il y a des gens qui parlent exprès avec des mots compliqués alors qu'ils connaissent les mots normals [sic] correspondants. les mots compliqués c'est pas des gros mots mais ça vous injurie pire que des connards ou des salauds ou tous les noms d'oiseaux. Les gens qui parlent exprès avec des mots compliqués c'est pour bien vous faire comprendre que eux c'est eux et que vous c'est moins que ça." (p. 59)

 

"Le commandant Lyon-Saeck tape avec son doigt sur la nappe et ça c'est grâce à moi et pas grâce à Martial qu'était contre l'idée d'une nappe, mais c'est plus accueillant je lui ai dit, et c'est exactement pour ça que Martial était contre la nappe, à cause du côté accueillant. Au dernier moment, on a trouvé un compromis et on a mis une nappe sale." (p. 21)

 

 

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