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Une punk débarque dans une classe de terminale dijonnaise, l'apparence négligée et l'attitude provocante de la jeune fille révulse d'emblée le narrateur, d'autant que celle-ci a le culot de lui disputer la première place du classement scolaire. Sa réprobation muette se mue en obsession, l'obsession devient désir...

Erwan Larher sera à l'honneur cette saison, dans le cadre de Litt'inéraire. Venez le rencontrer et découvrir sa sélection, tout au long de l'année...

 

Entre le conformiste confirmé et l'anarchiste en herbe une belle histoire d'amour s'installe, le jeune homme découvre les concerts sauvages, la camaraderie entre cas sociaux et les nuits de beuveries et se met en tête de délivrer la jeune femme de son "mal-être".

Quelques années plus tard nous retrouvons le couple au seuil de l'âge adulte : l'entrée dans la vie active, la fréquentation du petit milieu littéraire parisien, le choix d'un appartement en province et même un mariage plus tard, ils semblent s'approcher du bonheur. Mais les séjours parisiens de la jeune femme s'accumulent et s'allongent... Un très bon roman sur la révolte, la jeunesse, les compromis de l'âge adulte, le monde littéraire et artistique, dans lequel j'ai retrouvé les symboles de ma génération, un auteur à suivre !

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Séverine C. - Médiathèque Bonlieu

 

Extraits :

 

« Il leur était venu à l'idée que mon sérieux avait commencé à s'ébrécher au contact d'éléments subversifs, des anarchistes peut-être, ou pire : des communistes. Papa avait dès le début tenté d'y mettre un frein, mais j'avais rencontré en maman une alliée précieuse autant qu'inattendue. Il a vingt ans, laisse-le vivre un peu, avait-elle plaidé. Et papa avait cédé, inexplicablement, non sans me mettre en garde contre les méfaits de l'alcool, de la cigarette et de tout ce qui s'agitait à gauche de Raymond Barre. (p. 54) »

 

« Cette nuit-là, la galerie Pouilligny, rue de Buci, fut visitée par Action indirecte branche Commando contre la laideur (AI-CCL). Ces activistes décrochèrent toutes les toiles de Karl d'Estrée (de son vrai nom Jean-Paul Bazeau) qui y étaient exposées, les entassèrent et y mirent le feu avant de fuir. On supposa qu'ils alertèrent eux-mêmes les pompiers, prévenus par un coup de téléphone anonyme mais arrivés trop tard pour sauver les peintures. L'AFP reçut un communiqué en alexandrins dans lequel il était question d’œuvre devant se suffire à elle-même, de ras-le-bol de l'autolégitimisation artistique par le discours de l'artiste lui-même, de la nécessité de juger la création et non l'intention du créateur. Karl d'Estrée, chef de file – puisque inventeur – du mouvement Spontanéisme Aveugle Mouvant (« hardie prise de position picturale portant l'abstraction à un point jamais atteint dans l'histoire de l'art contemporain, quasiment une seconde Renaissance », peut-on lire dans SAManifestO, ouvrage écrit par d'Estrée lui-même […] Karl d'Estrée, donc, hurla que le fascisme était dans nos murs. Les médias s'indignèrent de cet acte gratuit, on soupçonna un ou deux critiques jugés réactionnaires (Jean-Philippe Domecq fut interrogé par la police) et la cote de Karl d'Estrée grimpa en flèche. (pp. 150-151) »

 

Interview d'Erwan Larher (Les Chroniques de Mandor)

 

Sélection vidéo liée au roman

 

 

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