La patience du franc tireur arturo perez reverte aDoit on assimiler les graffitis à des œuvres d'art ?
Quelle valeur pour cet art éphémère expression de rébellion contre la société ?

Sniper est un artiste surdoué du street art, invisible et mystérieux, il est pourtant reconnu du monde entier.

D'un claquement de doigts, il sait fédérer la communauté urbaine des graffeurs et les "appeler" pour réaliser des fresques géantes dans des lieux ou sur des monuments improbables.

Toujours en retrait de la société, personne ne le connait vraiment mais tout le monde parle de lui et les graffeurs lui vouent un véritable culte. Une jeune femme est missionnée pour le trouver et lui proposer une grande rétrospective au Musée d'Art Moderne de New-York, une opportunité pour lui de sortir de la clandestinité et d'intégrer le marché de l'art. Commence pour elle, un jeu de pistes à travers les rouages du street art et les grandes villes d'Europe à la recherche de ce Sniper.
Très rapidement elle va découvrir qu'elle n'est pas la seule à le rechercher....

Avec ce roman qui se lit très facilement, on se retrouve en immersion dans le monde de la nuit, terrain de jeux des graffeurs... . Sniper nous fait penser aux artistes urbains d'aujourd'hui tel Bansky pour l'art de dissimuler son identité ou encore JR pour sa capacité à rassembler une communauté autour d'une action artistique.

Arturo-Perez Réverte nous décrit à merveille le "réseau urbain" des graffeurs et les sentiments qui les animent lorsqu'ils sortent la nuit à l'affût d'un mur ou d'un wagon à taguer. Il nous interroge à la fois sur la place de l'art urbain aujourd'hui, sur l'appropriation de l'espace des villes par les graffeurs et sur le marché de l'art.

A lire, pour son sujet original et son immersion dans le monde des graffeurs.

 

Olivia I. - Médiathèque Bonlieu

 Citations :

p. 72 : "Un jour il a fait cette réflexion que, selon les autorités, le graffiti détruit le paysage urbain; mais nous, on doit supporter les panneaux lumineux, les enseignes, la publicité avec leurs annonces et leurs messages débiles."

p. 194 : "C'était donc ça, ai-je conclu. Trente secondes sur Tokyo. L'excitation intellectuelle, la tension physique, le défi lancé à sa propre sécurité, la peur maîtrisée par la volonté, le contrôle des sensation et des émotions, l'immense euphorie de se mouvoir en pleine nuit, en plein danger , en transgressant l'ordre établi ou prétendu tel."

p. 208 : "Le graffiti est l'oeuvre d'art la plus honnête, parce que celui qui le fait n'en profite pas. Il n'a rien à voir avec la perversion du marché. C'est un coup de feu asocial qui frappe en pleine moelle. Et même si, plus tard, l'artiste finit par se vendre, l'oeuvre faite dans la rue y reste et ne se vend jamais. Elle peut être détruite, mais pas vendue."

 

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