Dernier arret b2022Un roman noir lumineux, aux douces odeurs de la Provence, une fois de plus magnifiée par les mots de René Frégni.

 

Le narrateur, un écrivain en panne d’inspiration, accepte d’assurer le gardiennage et l’entretien d’un vieux monastère abandonné, racheté récemment par un homme d’affaires discret.
Ses journées, dans cet endroit chargé d’Histoire, sont rythmées par le travail manuel.
Cet isolement est quasi érémitique, si ce n’est la présence de Solex, chaton malicieux aux yeux bleus et l’amitié d’un couple de libraires passionnés et passionnants de la ville de Riez (Gorges du Verdon).
Cette vie simple et contemplative se trouve chamboulée le jour où le narrateur, en débroussaillant le vieux cimetière, déterre une jambe trop bien conservée pour appartenir à l’un des moines inhumés ici...

Un vrai roman noir, où les couleurs de l’automne et le silence des vieilles pierres illuminent la solitude du narrateur. Pas de violence, ni de sang, René Frégni démontre simplement, et avec grâce, comment des trajectoires de vie peuvent dévier brusquement.
Une parenthèse hors du temps pour les amoureux des mots et de la vie, dans ce qu’elle peut aussi révéler d’obscur en chaque homme.

 

« Rien n’est plus magique que l’écriture, elle va chercher des débris de vie dans les replis secrets de nous-mêmes qui n’existaient pas cinq minutes plus tôt. »

« Lorsque j’écris, j’entends la voix de la mienne [mère]. Je n’entends sa voix que lorsque j’écris, dans le silence de la page blanche. Les mots que je trace lentement m’enveloppent de sa tendresse, de son regard profond, de la douceur de sa petite veste de coton rouge, contre laquelle je m’endormais. Je n’ai jamais été aussi paisible et confiant qu’en écoutant la voix de ma mère. Je suis devenu écrivain pour l’entendre chaque jour ».

 

Un écrivain définitivement à suivre !

 

Caroline M. - Médiathèque Bonlieu

 

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