Photo non contractuelle / Aucun livre n'a été maltraité durant cette prise de vueUne question fréquente que se pose le public des bibliothèques concerne le devenir des livres retirés des rayonnages ou des collections, que l'on dit "désherbés". Pourquoi sont-ils éliminés ? Ces livres sont-ils détruits ou jetés à la poubelle ? Ces questions méritent réponse, elles traduisent une préoccupation générale qui s'exprime dans d'animés débats sur la toile, parfois même entre professionnels.

 

Le "désherbage" est ainsi une occupation estivale bien connue des jardiniers, mais aussi des bibliothécaires. Si les premiers s'adonnent à cette activité de manière ponctuelle, les seconds la pratiquent de façon régulière, réfléchie et concertée.

 

Jean-Claude Kauffman, dans son livre La maison du retour, se fait l'écho de cette méfiance générale vis à vis de cette opération de sélection pourtant indispensable :

"Dans le monde des bibliothécaires, cette opération de sélection se nomme désherbage. C'est un mot terrible, épouvantablement expressif. Désherber une bibliothèque, c'est enlever les ouvrages devenus inutiles. Selon quels critères faut-il sarcler ? Le choix est laissé à la discrétion des bibliothécaires. Ce bon plaisir, ce droit de vie ou de mort sur les auteurs ont quelque chose de terrifiant - et de nécessaire."

En effet les collections courantes n'ont pas vocation à s'accroitre éternellement et il s'agit pour chaque domaine de la connaissance d'effectuer un tri régulier et selon des normes précises : documents trop abîmés physiquement, dont les informations sont « périmées » ou erronées ou, tout simplement, documents liés à une actualité ou un événement ponctuel, qui n'ont pas vocation à demeurer dans les collections. Certains ouvrages, qui ne sont plus indispensables à la collection ou qui sont peu ou plus du tout empruntés, peuvent aussi être retirés.

 

Le désherbage est donc une opération nécessaire de remise à niveau, à jour et en état des collections, afin d'offrir au public des informations actualisées, mais aussi des documents agréables à consulter. Il s'agit avant tout de valoriser les collections et de faciliter leur accès.

 

Pour autant les livres retirés selon ces critères ne vont pas à la poubelle ! Certains sont vendus à la braderie permanente de la médiathèque Bonlieu, d'autres sont donnés à des établissements publics du territoire (ESAAA, CRR, lycées et écoles primaires, Éphad ou foyers pour adultes et enfants handicapés...), à des partenaires associatifs et solidaires, ou même relâchés dans la nature dans le cadre d'opérations de livres voyageurs (comme le bookcrossing Bibliofil).
Les ouvrages non récupérables, c'est-à-dire déchirés, tachés ou jaunis, sont quant à eux confiés à des artistes locaux qui les recyclent dans leurs créations.

 

Le bivouac librairie associative itinérante

 

Autour du livre M Fumex

 

Installation par l'atelier de pratiques artistiques de l'ESAAA

 

La morale de cette histoire, c'est que rien ne se perd dans le petit monde de la bibliothèque, tout se transforme et se disperse donc aux quatre vents, en fonction des besoins de chacun.

 

 

Pour aller plus loin :

 

 • Un livre pilonné comme héros de roman : Le pilon, de Paul Desalmand :

 

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